L’Algérie, ou les prodromes et prolégomènes d’un inévitable retour en arrière !
Il faut avoir fait la traversée périlleuse et incertaine de tous les niveaux de l’enfer de Dante pour avouer ne rien comprendre à la politique en Algérie, tout bêtement, parce qu’il n’y en a pas !
Comment, alors, puisse-t-on décrire ce qui se fait appeler politique en Algérie, sinon, si ce n’est en laissant ses pages vides ?!
Tenter de comprendre la politique en Algérie est en soi le début d’une réflexion faussée et vouée à l’inachèvement et déroute intellectuels, l’inachèvement intellectuel se fait fortement sentir en Algérie par des signes horribles témoignant d’une immaturité culturelle coagulée ; la déroute intellectuelle, quant à elle, elle est ce cocon où se muent les illusions de l’achèvement, les illusions de la victoire et les illusions d’une quelconque aptitude à réfléchir, c’est la défaite ! À se dire, tout épaté, que l’Algérie n’est autre univers freudien et youngien aux allures de laboratoires infestés par des colonnes d’étudiants en médecine admirant le maitre charcutant le corps d’un mort-sans-nom ! Ce décore, quoi que macabre, est le fondement même du savoir empirique, de la science et de la technologie, par opposition aux formes de savoir occultes que professent les gens du culte. Mais, le Maître, remplaçant le théologien, se crée à lui tout seul sa propre religion, son culte et son mythe ! Le Maitre crée ensuite des cultes inférieurs dits disciplines pour instaurer le noviciat, ce voyage inférieur, mais obligatoire, dans les astres et galaxies où nait, se meut et s’achève la vérité !
Nous ne savons que très peu de l’Algérie, quoi que nous y sommes nés et restés toutes nos vies durant ! Nous ignorons, tout bêtement encore, qu’est-ce que l’Algérie ! Toutes les constitutions jusque-là élaborées ne portent aucune définition propre de l’Algérie, sinon des allégories et des rhétoriques insaisissables, que des mots sans fin !
L’Algérien qui ne sais pas ce que c’est l’Algérie ignore aussi pour autant ce qu’est d’être algérien, et donc, ne sait pas qui il est ! Nous voilà, tous crus, tombés tout juste dans la marmite bouillonnante de la question de l’identité en Algérie, question dont la pertinence se place au-dessus du mérite de tout autre interrogation en Algérie !
Profitons de notre humidité intellectuelle pour finir le temps de la cuisson sans pour autant avoir été cuits par les flammes saillantes ! L’identité de l’Algérie, l’identité des Algérien et enfin l’identité de l’État algérien, trois identités pour un seul peuple et un seul pays, n’est-ce pas trop ?! N’est-ce pas faux ?! L’irréalité de l’Algérie est un bas-fond ténébreux, occulte et insondable ! Dans ce qui conviendrait d’appeler irréalité algérienne germe et s’éclabousse la négation dans le geyser du pouvoir, c’est le peu d’énergie qu’il faut pour nier qui s’oppose à l’éreintante conviction de la croyance, « i want to believe » !
Par : OUBAYA Samir