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Impérialisme, État-Nation, Algérie, Peuple et devenir !

Publié le par Algérie libertaire

Au bout de longues années de souffrances inouïes résultant d’une colonisation des plus abjectes d’une part, et face à un échec multiforme de la lutte politique pacifique d’une autre part, le peuple algérien se retrouvait face à l’ultime recours qu’était la lutte par les armes. Le mouvement politique national algérien, avant le 1er Novembre 1954, avait essuyé des défaites certes cuisantes, mais, avait tant bien que mal contribué à l’évolution des consciences populaires et qui, progressivement, s’écartaient ostensiblement de ce mouvement-même, se laissant caresser par la tentation de reprendre, à nouveau, les armes, et opposer au colonialisme une lutte acharnée pour arracher leur liberté confisquée par l’hydre colonialiste. Les dissensions qui déchiraient les formations politiques d’alors ne firent qu’accroitre la conviction du peuple algérien en la nécessité, premièrement de se démarquer des politiques, et deuxièmement d’opter pour une solution radicale quelles qu’en seraient les conséquences. Chemin faisant, une poignée d’hommes déterminés se décidèrent à adopter les aspirations révolutionnaires du peuple algérien, cette poignée d’hommes, sans moyens importants, mais aux esprits savamment aiguisés par des parcours politiques et militaires riches en expériences, prit l’initiative du déclenchement de la lutte armée contre le colonialisme ; et à travers la proclamation du 1er Novembre 1954, cette poignée d’hommes dévoués insistèrent aussi sur le caractère révolutionnaire et le prolongement transnational de leur action anticolonialiste. Le mot d’ordre était lâché, et le peuple se retrouvait stupéfait et étonné par cette irruption révolutionnaire qu’il ne saisissait pas tout à fait, mais qu’il s’était vite approprié par principe, le Front de Libération National était né. Le Front qui devait amorcer le processus révolutionnaire de libération d’une Nation qui n’était pas encore née, une nation qu’on voulait faire naitre par insémination révolutionnaire, l’indépendance du peuple ne devant faire office que d’une étape vers la construction nationale, l’État-Nation en serait le berceau ! Le projet national ! La nation algérienne !

Après toutes ces luttes, ces soubresauts, ces écarts, ces illusions, quelques réussites vite rattrapées et avortées par les contradictions, après toutes ces années de sanglantes luttes et de dérives, après tout ce parcours, ces douleurs, et maintenant ?!

A-t-on réellement toujours besoin de croire à cette nation qui n’existe pas, qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais ?! A-t-on toujours besoin de ne pas croire en ce peuple qui existe, qui a existé et qui existera toujours ?!

L’on a vue aussi comment, en Algérie, le nationalisme socialiste révolutionnaire muter vers un patriotisme libéral réactionnaire, cette mutation est, en fait, une conséquence plus ou moins logique dès lors qu’elle sanctionne la destinée d’une pensée vouée à se désagréger sur l’hôtel de l’impérialisme, c’est drôle, ce jeux funeste, cette mascarade de l’Histoire, cette étranges maniabilité des évènements, cette facile décapitation du temps, cet enterrement de l’avenir, ce fossoyage du passé, cette aliénation du présent, la conjugaison. L’État-Nation, piège, mensonge, caresse hypocrite, câlin insipide et pernicieux, l’État-Nation, la main quelque fois gauche et quelque fois droite de l’Impérialisme ! On détruit, on reconstruit et on recommence, ah que le mot semble facile, recommencer ! Mais recommencer quoi ?! La Révolution ?! La tournure oui ?! Le retournement peut-être ! L’État-Nation, n’est-ce pas une autre parmi les expressions sarcastiques de ce visage colonialiste qui rit et ricane au dessus des cœurs mutilés par la douleur.  L’Impérialisme ne peut être qu’un, l’impérialisme ne vit que de l’unicité, il est comme Dieu, il n’est pas sociable, il n’aime pas les autres, ce sont des monstres, ces industriels de la douleur. L’impérialisme avait livré bataille à Dieu en détruisant ses forteresses de jadis, l’impérialisme se construit, il a des corps humains pour ça, et il a aussi Dieu en maçon à charge et plein d’États, entreprises de travaux publics, artisans en tous genres. L’Impérialisme, ce mot qui se dit dans la douleur, il est là, il révoque ses serfs, ses États-Nation qui s’effritent, qui se diluent, perdus, angoissés, tourmentés et noyés dans les méandres du regret. L’Impérialisme passe aux peuples, il veut les peuples maintenant, il veut les consommer, les avaler, les avilir, les manger au banquet de son anniversaire, l’impérialisme, c’est l’unité du mal, l’évolution vers une barbarie qui s’annonce.

Mais, le peuple algérien, ce peuple et les autres peuples d’Afrique du Nord et des quatre coins du monde, ont aujourd’hui le choix, le choix entre l’espoir et la résignation, le choix entre la confusion et la clarté, le choix entre leur monde, le monde des peuples et celui de l’Empire.  

 

Par : Oubaya Samir

Le 04/12/2012

 

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