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Du totalitarisme au libertinage, en passant par le paternalisme ! Ou la joie d’une liberté pervertie par le capitalisme !

Publié le par Algérie libertaire

Au-delà de toute prétention à esquisser le portrait socio-psychologique de la société algérienne, et encore moins à marcher sur les pas de Pierre Bourdieu, je voudrai uniquement m’étaler brièvement sur le rapport État-Société en Algérie, un lien et une connexité qui tanguent entre rigorisme autoritaire et incartades incroyables, c’est dire, donc, la complexe et paradoxale relation qu’entretient l’État avec la société, ou, si vous voulez, la mystérieuse formule qui permet au pouvoir de se perpétuer en usant de sa capacité à se régénérer en transformant la société par les mutations incessantes de l’État. C’est, en fait, là un thème qui m’aurait permis de voguer sur les vagues d’une florissante carrière universitaire si je n’avais daigné ce jour-là répondre à la question autrement que ce que j’avance en mon présent propos, je me félicité d’avoir ainsi échappé à l’institutionnalisation abrutissante d’une université où j’avais passé trop de temps à dormir.

 

En Algérie indépendante, le totalitarisme correspond à une période ayant vu se succéder deux formes de dictature, l’une personnelle et inspirée des seules visions d’un homme dévoré par cette maladie qu’il avait pourtant tant combattu, le culte de la personnalité, la folie des grandeurs et la brutalité qui en jaillissait avec autant de haine, de jalousie que de mystifications houleuses, le jeune fils prodige du peuple Mohamed Khemisti en fut l’un des premiers martyrs de la post-indépendance. En cette période-là, l’Homme-État régnait sous les auspices hors d’haleine d’un pouvoir qui s’impatientait de faire son énième recomposition mutante, mais, tout en gardant l’usage de cet Homme-État pour sublimer la verve révolutionnaire qui animait encore la société et n’en faire qu’un amas de vapeurs faites de désillusions et de déceptions. Une autre dictature s’érigera définitivement sous la forme d’un horizontal État oligarchique qui fit perdre à la société algérienne toute emprise sur sa propre destinée désormais liée à celle des institutions qu’on disait irréversibles, le socialisme scientifique et autoritaire en fut l’alchimie.              

 

Et voilà qu’à l’orée du dégel provoqué par le réchauffement du climat politique entre l’Est et l’Ouest, nait l’État-providence, c’est quant à l’ombre du capitalisme d’État, la société dansait sous les airs des parades, et que la nouvelle classe dominante s’affirmait et préparait sa plus spectaculaire mutation vers le libéralisme sauvage, un passage qui fut tapissé de douleurs et de mortifications que la société algérienne a du subir dans sa chair, une tragédie qu’on dit nationale ! Une tragédie qu’on dit pouvoir soigner avec de la liberté bien offerte sur l’autel de l’ultra-libéralisme, un mal qu’ils disent pouvoir guérir par l’assouvissement illimité de la concupiscence que comblerait la propriété sauvage, nous voilà enfin face à de la liberté toute bien faite à la mesure d’un capitalisme qui en nous offrant l’aumône et l’avilissement proclame qu’il marque la fin de l’Histoire.

 

 

Par : OUBAYA Samir

Le 15 septembre 2012       

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