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L’ensemble des pays d’Afrique du Nord traversent, depuis peu, une succession d’évènements sociaux, politiques, économiques et culturels qui ne sont pas sans
conséquences sur l’avenir de cette région. Mais il faut revenir, de plus près, sur la nature même de ces soubresauts qui continuent de bouleverser radicalement l’Afrique du Nord d’un point de vue
essentiellement géopolitique. Si les médias occidentaux, et par extension, la cohorte de médias moyen-orientaux, s’efforcent d’inscrire ces mutations dans le sillage de ce qu’ils appellent le
printemps arabes, il devient nécessaire d’examiner cet assemblage de l’information qui parait à mes yeux avoir plutôt l’apparence d’une campagne propagandiste qui n’est pas sans rappeler une
guerre froide que le monde croyait sottement révolue.
L’intrusion de l’OTAN, l’épine diplomatique russe et les atrocités meurtrières ayant accompagné la chute de Kadhafi en Libye, l’ambigüité qui entoure toujours
l’évincement de Ben Ali en Tunisie, les turbulences sociales et politiques qui continuent de secouer l’Algérie et le Maroc, ainsi que l’instabilité sécuritaire au Sahel sont autant d’éléments qui
supposent une corrélation avec les retombées d’une crise financière internationale dont les dessous et les dessus restent à prendre avec une extrême réserve, tant que cette crise continue de
susciter les doutes les plus certains.
Par-delà une trompeuse volonté d’exporter la crise vers d’autres rivages, l’impérialisme s’emploie à fortifier son hégémonisme par un comportement belliqueux
toujours en croissance, ainsi se lance-t-il dans une opération de reconfiguration géopolitique qui préfigure une stratégie de conquête basée sur une dynamique d’alliances mobiles et
éphémères.
Les Etats Nord-Africains qui, jusque-là, entretenaient une coopération stratégique, en rangs dispersés, avec l’impérialisme, sont les premiers à subir les
conséquences d’une vassalité hideuse à la dynamique de mobilité éphémère des alliances nouées avec leurs seigneurs impérialistes, un compromis périlleux dont les peuples d’Afrique du Nord, à
l’instar des autres peuples africains et arabes, payent le lourd tribut, en misère économique et morale, en instabilité sécuritaire se conjuguant avec violence autoritaire et en menace
soigneusement nourrie pour une montée du totalitarisme et du fascisme religieux.
A l’échec du panarabisme, l’impérialisme fait succéder un autre désastre programmé encore dix mille fois plus destructeur, il s’agit du panislamisme, une sorte de
Califat dont la régence est mise aux enchères diplomatiques, l’on voit alors comment se négocient, à coup de menaces guerrières d’autrefois, les vies de peuples entiers pris entre l’enclume du
totalitarisme et le marteau du néo-colonialisme impérialiste.
Jamais la bassesse politique n’avait atteint une aussi dégradante perdition dans l’Histoire, quant aux peuples, il n’ont jamais été si unis dans leur défection face
à leur responsabilités historiques, quoi qu’au fond, tout le monde se dit, silencieusement et hypocritement, consterné, dépité et trahi par des Etats et des gouvernements dont l’irréversibilité
de l’échec n’est plus à discuter.
Quelle sera l’action à laquelle pourraient se fédérer les peuples Nord-Africains si ce n’est, d’abord, de transcender les clivages absurdes hérités du colonialisme
et chéris par des régimes vassaux devenus obsolètes et démissionnaires de surcroit, ensuite seulement ces peuples auront à prendre leurs destinées en main pour affronter un ennemi commun :
l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est par une action commune et solidaire de toutes les luttes que livrent les autres peuples du monde entiers que les nôtres pourraient se construire un
espoir certain pour une perspective nouvelle et libératrice, la perspective de fédérer nos énergies et de les orienter vers la construction d’une vie meilleurs non pas uniquement par de vaines
paroles, mais par une action commune et immédiates, n’attendons par la venue du messie il ne peut être que le chaos, entamons dès à présent la construction d’une Afrique du Nord solidaire,
humaine et résolument déterminée à participer énergiquement dans l’édification d’un monde nouveau, juste, égalitaire, solidaire, coopératif, libre et humain.
Par : OUBAYA Samir
Le 23 mars 2012